11.
Entrevue

 

J’ai peur. Je crois que je deviens folle.

Aujourd’hui, j’étais chez Mary K. À un moment, j’ai fait une sorte de malaise – la tête me tournait et j’avais envie de vomir. J’ai gagné la salle de bains pour me rafraîchir le visage.

Pendant que j’étais devant le lavabo, il s’est passé une chose étrange. Je n’entendais presque plus rien, à croire que quelqu’un m’avait mis du coton dans les oreilles, et ma vision s’est altérée, un peu comme si je regardais à travers un tube. J’ai cru que j’étais en train de tomber dans les pommes, alors je me suis assise sur la cuvette des W-C et je me suis penchée en avant. Au bout de quelques minutes, je me suis sentie mieux. Je me suis relevée pour m’asperger le visage encore une fois. Ensuite, j’ai ouvert la porte – la mauvaise, puisque je me suis retrouvée dans la chambre de Morgan, où celle-ci accomplissait un rituel étrange avec Erin. C’est là que les choses sont devenues vraiment dingues. Je crois que j’ai halluciné, parce que j’ai vu Morgan s’élever au-dessus du sol, comme dans une scène horrible de L’Exorciste.

Inutile de préciser que je suis partie en courant. Je ne sais toujours pas si ce que j’ai vu était réel.

Ni ce qui serait le plus effrayant : que cette scène ait été réelle… ou non.

 

Alisa

 

 

* * *

 

 

Le lendemain matin s’est révélé lugubre : le temps était gris et glacial. Je me suis avancée vers le bâtiment silencieux du lycée la tête rentrée dans les épaules. La sonnerie marquant le début des cours avait retenti dix minutes plus tôt. Mary K. avait toujours fait en sorte que je sois levée à sept heures trente au plus tard, mais, comme elle ne me parlait presque plus, je n’avais plus de garde-fou matinal. Ce matin-là, mon retard dépassait tout espoir de rédemption, car j’avais dormi quarante-cinq minutes de trop. J’avais toujours mal au crâne et au cœur, et le temps maussade n’arrangeait rien. L’absence de ma magye avait creusé en moi un vide abyssal. J’avais hâte d’entrer dans le bâtiment chauffé et de laisser le discours des professeurs me changer les idées. J’arriverais peut-être même à dormir quelques minutes en littérature. Peu importait que je me fasse prendre. Puisque j’allais à Sainte-Anne, je n’avais plus rien à perdre.

Morgan.

J’ai fait volte-face. Qui m’appelle ? ai-je demandé. Ce qui était inutile puisque mes pouvoirs étaient toujours bridés. Je pouvais visiblement recevoir des messages télépathiques, mais pas en envoyer.

Au début, je n’ai vu personne. Ce n’est qu’en me retournant vers la façade du lycée et en plissant les yeux que j’ai remarqué Hunter, près du grand chêne qui poussait à la droite du bâtiment.

— Comment te sens-tu ? m’a-t-il demandé lorsque je me suis approchée de lui.

Il avait enfoncé son bonnet bleu marine jusqu’à ses sourcils et le vent avait rosi ses joues.

— Tu as l’air fatiguée, a-t-il ajouté.

— Ça va. Tu sais, je suis vraiment désolée de ne pas t’avoir appelé comme prévu, l’autre fois…

— Ne t’en fais pas, Morgan, m’a-t-il coupée. Je savais que tu ne pourrais plus m’envoyer de messages télépathiques et Erin m’a expliqué, entre autres, que tu étais consignée chez toi.

Il m’a attirée contre lui.

— Je suis rassuré de voir que tu vas bien, a-t-il soufflé dans mes cheveux.

Dans ses bras, je me suis détendue en savourant la chaleur qui émanait de son corps. Il m’a embrassée sur le front, ce qui m’a électrisée. Tout va bien, ai-je songé. Même si je vais à Sainte-Anne, Hunter sera toujours là.

— Il y a du nouveau, a-t-il déclaré en s’écartant.

— Ton père ? ai-je demandé, le ventre noué.

— Non, le tien, m’a-t-il détrompée, un petit sourire triste aux lèvres. Apparemment, Ciaran a été très actif depuis son arrivée à Madrid. Grâce à ton sceau, nous savons qu’il a rendu visite à quelques sorciers qui figurent tout en haut de la liste noire du Conseil. Pour l’instant, nos agents n’ont trouvé aucun élément prouvant qu’il ait été à l’origine des attaques dirigées contre toi. Mais, parmi ceux qu’il a contactés figure Leonore Ammett, une sorcière réputée pour abuser de ses pouvoirs télékinésiques très puissants.

Il a marqué une pause, le temps que je comprenne les implications de cette nouvelle, puis il a repris :

— Avec son aide, il aurait pu résoudre le problème de la proximité. Il devient donc le suspect numéro un. Erin pense que c’est lui, le coupable. Le Conseil aussi… Et moi également.

Ces paroles étaient à la fois réconfortantes et troublantes. Je voulais évidemment que Ciaran soit arrêté. D’un autre côté… il restait mon père.

— Comment vont-ils s’y prendre pour le capturer ?

— Ils comptent sur notre aide.

— « Notre » aide ?

— Oui. Je sais que tu es toujours punie, Morgan, mais la situation est grave. Erin a déniché un sort de renvoi qui devrait nous aider. Lorsqu’on le jette sur un sorcier, ce dernier ne peut plus lancer le moindre sort sans qu’il lui revienne triplement.

— Ce n’est pas juste la règle du triple retour ?

— Non, cette règle n’est qu’un principe général qui régule l’univers de la magye, comme le karma, ou le dicton qui veut que l’on récolte ce que l’on a semé. Cependant, l’univers peut prendre énormément de temps pour redresser les torts.

— Et le sort de renvoi ?

— Son effet est immédiat, m’a-t-il expliqué, l’œil brillant. Et impitoyable.

— Attends un peu : pourquoi le Conseil n’y a-t-il pas recours plus souvent pour punir ceux qui abusent de leurs pouvoirs ? ai-je demandé en pensant à Selene.

— Ce sort présente des inconvénients.

— Comme ?

— Disons qu’il requiert que plusieurs sorciers de sang joignent leur magye. Et il sape leur énergie. En gros, tous ceux qui participeront au rituel seront dans le même état que toi actuellement… voire pire.

— Ce qui signifie que, si quelqu’un d’autre est derrière ces incidents ou qu’Amyranth décide de nous attaquer de nouveau, nous serons terriblement vulnérables.

— Oui. Cela dit, notre vulnérabilité sera de courte durée. Un jour, tout au plus. Erin est à peu près certaine que…

— « À peu près ? » ai-je répété. Erin ne l’a jamais lancé ?

— Aucun membre du Conseil ne s’y est risqué, a-t-il admis avec gêne. C’est strictement interdit, à cause des dangers encourus. Et de la source du sort. Erin a réussi à convaincre le Conseil que le jeu en valait la chandelle.

— La source du sort ? D’où vient-il ?

— D’un livre de Harris Stoughton. C’est Alyce qui lui a donné l’autre jour.

— Oui, j’étais là.

J’ai tenté de réprimer une crise de frissons en entendant ce nom. Ce plan me plaisait de moins en moins.

— Hunter, tu penses que c’est une bonne idée ?

— Amyranth est resté discret, ces derniers temps, a-t-il répondu en haussant les épaules. J’étais à New York, hier, pour enquêter. Les autres membres font tous profil bas. Il y a peu de chances que l’un d’eux ait été à l’origine des attaques. Et si nous lançons ce sortilège, nous saurons tout de suite s’il fonctionne. D’abord, nous en sentirons les effets. Ensuite, le sort frappera Ciaran avec violence, ce qui le rendra probablement malade pendant plusieurs jours. La tâche des Traqueurs en Espagne en sera simplifiée. C’est l’occasion ou jamais de les aider.

Le désir de Hunter d’arrêter Ciaran était si puissant qu’il en était presque palpable. Je savais qu’il pensait avant tout à ma sécurité. Mais pas seulement. Hunter était un Traqueur par nature. C’était sa raison de vivre. Si ce côté de lui m’effrayait, je l’aimais aussi en partie pour cela.

— Qu’est-ce que je dois faire ?

— Erin veut que nous formions un cercle, ce soir : toi, moi, Sky et Alyce. Je sais que tu es privée de sortie… Tu ne peux vraiment pas te débrouiller pour venir ?

— Non. Mes parents m’en veulent à mort. Ils ont décidé…

J’ai levé les yeux vers le bâtiment de brique rouge, qui abritait tous les amis et les camarades de classe que je connaissais depuis l’enfance.

— Ils ont décidé de me transférer à Sainte-Anne.

— L’institut catholique ?

— Oui. Tu sais à quel point ils réprouvent la Wicca.

— Je t’aiderai à encaisser le choc, a-t-il soupiré.

— Tu comprends pourquoi je ne peux pas participer à un cercle ce soir ?

— Écoute, on a vraiment besoin de toi, Morgan. Alors, j’ai apporté ceci, a-t-il déclaré en sortant de sa poche une petite pierre bleu sombre.

Une veine blanche la traversait – elle me rappelait un ciel de nuit éclairé par la Voie lactée.

— Qu’est-ce que c’est ? me suis-je enquise en lui prenant la pierre.

— Un lapis-lazuli. Il facilite la compréhension et la communication. Je l’ai renforcé avec un sort spécial. Si tu places cette pierre sur ton front, je pourrai t’envoyer des pensées et des images, et tu seras normalement capable d’en faire autant. Comme un message télépathique… de meilleure qualité. Tu auras presque l’impression d’être avec nous. Je devrais réussir à canaliser ton énergie à travers cette pierre. Même si tes pouvoirs sont bridés, le sort et ma propre magye devraient nous permettre de communiquer. Ensuite, une fois que tes pouvoirs auront été libérés, tu pourras participer pleinement au rituel.

— Vous allez me rendre ma magye ? ai-je articulé, incrédule.

— Bien sûr. Erin s’en veut terriblement d’avoir insisté pour t’en priver. Maintenant, il est clair que tu n’avais rien à voir avec ce qui se produisait.

Je me suis pendue à son cou pour l’embrasser.

— Merci !

— De rien.

— As-tu reçu des nouvelles de tes parents ?

— Non. Je n’ai pas renoncé pour autant. J’ai pensé aux indices que j’ai reçus. Une ville fortifiée, quelques mots prononcés en français… Il y a beaucoup de villes médiévales en France. J’ai demandé au Conseil la permission de partir à leur recherche…

J’ai cru que mon cœur allait me lâcher.

— … et je n’en ai pas eu l’autorisation. Pour mes supérieurs, mes preuves ne sont pas suffisantes. Ils refusent de me dévoiler ce qu’ils ont découvert jusque-là et d’envoyer un agent enquêter en France. Cependant, je crois que j’ai trouvé une volontaire pour effectuer les recherches à ma place. Quelqu’un qui n’appartient pas au Conseil et n’a aucun compte à lui rendre.

J’étais si soulagée qu’il ne parte pas que la note sombre dans sa voix ne m’a pas alertée.

— Qui ça ?

— Sky.

— Quoi ? Elle part en France ? Et pour combien de temps ? ai-je demandé en pensant à l’avenir de Kithic.

— On ne sait pas encore, a-t-il soupiré avec tristesse. Elle a déjà démissionné de son boulot de disquaire. Elle s’en va dimanche prochain. Une fois qu’elle aura fini d’enquêter, elle retournera peut-être en Angleterre.

Cette nouvelle m’attristait sans me surprendre, car Sky avait déjà parlé de rentrer chez elle après sa rupture avec Raven. Hunter a tendu la main pour caresser la pointe de mes cheveux.

— Elle nous manquera à tous… Elle ne veut pas rester ici, Morgan. La vie n’a pas été facile pour elle, à Widow’s Vale. De plus, j’ai besoin de son aide.

J’ai hoché la tête. Hunter avait raison – c’était crucial. Je savais que, même s’il ne le disait pas, Hunter ne voulait pas qu’elle y aille. Il aurait préféré s’en charger lui-même.

 

* * *

 

Lorsque je suis enfin entrée dans le bâtiment, la sonnerie a marqué la fin de la première heure. Tant mieux. Si j’étais arrivée en plein cours, j’aurais sans douté été interceptée par Collello, l’adjoint du principal, qui semblait croire que sa mission consistait à coller un maximum d’élèves. Là, en entrant au moment de l’interclasse, j’avais une chance de me fondre dans la foule des élèves et de retrouver discrètement mes camarades.

— Morgan ! Je t’ai cherchée partout. Il faut que je te parle.

C’était Bree, qui m’avait aperçue de loin et avait couru à ma rencontre.

— J’ai eu une panne d’oreiller, je viens juste d’arriver. Qu’est-ce qui se passe ?

— En fait… Robbie et moi, on a enfin discuté. Il m’a expliqué que, en te parlant, il avait compris le malentendu.

— Génial ! Alors, vous êtes de nouveau ensemble ?

— Eh bien, oui, a-t-elle répondu en enroulant une mèche de cheveux autour d’un doigt – tic qui revenait lorsqu’elle était préoccupée.

— Qu’est-ce qui ne va pas ? lui ai-je demandé, les sourcils froncés.

— Tu sais, comme je pensais que c’était fini entre nous, j’ai…

— Quoi ? Qu’est-ce que t’as fait ?

— J’ai… j’ai fait des bêtises avec Matt.

— Pas possible ! Vous avez…

— Non ! a-t-elle protesté, les bras croisés sur la poitrine. Pas du tout. On s’est juste embrassés.

Je n’arrivais pas à y croire. Matt Adler ! J’ai repensé au jour où je l’avais surpris en train de tromper Jenna avec Raven. J’en ai eu la nausée.

— Et tu ne l’as pas dit à Robbie ?

— Je ne savais pas comment le lui annoncer, a-t-elle gémi. Je ne l’ai pas vraiment trompé, puisque je pensais qu’il m’avait quittée. Ce n’est qu’une bête erreur de parcours. Qui ne se reproduira jamais. Mais j’ai eu peur que Robbie ne le prenne mal. Alors, j’ai préféré me taire.

Je me suis efforcée de garder mon calme. Mon expérience récente avec Mary K. m’avait fait comprendre que taire la vérité s’avérait souvent une erreur.

— Un mensonge par omission, ça reste un mensonge.

Elle s’est mordu la langue. Ce n’était pas ce qu’elle souhaitait entendre.

— Tu vas lui en parler ? ai-je demandé.

— Sans doute…

— Tu ferais mieux de te dépêcher… avant que Matt n’annonce à qui que ce soit que vous sortez ensemble.

— Il n’oserait pas !

— Et pourquoi ? Lui non plus ne pensait pas que tu trompais Robbie. Il n’a aucune raison de le cacher. Au contraire. Le connaissant, il risque plutôt de s’en vanter.

Cet argument l’a convaincue.

— D’accord… Au fait, tu es au courant pour Sky ?

— Oui, je viens de l’apprendre.

— Je n’arrive pas à y croire. Que va devenir Kithic ? Je ne peux pas imaginer nos cercles sans elle.

— Moi non plus.

— C’est étrange, Morgan… Parfois, j’ai l’impression que tout s’écroule.

J’ai repensé à Hunter, à mon père, à mes pouvoirs bridés, à ma famille… J’ai hésité à dire à Bree que mes parents allaient m’envoyer à Sainte-Anne, et puis je me suis dit que ça pouvait attendre. Elle avait suffisamment de soucis comme ça.

— Oui… je vois ce que tu veux dire…

L'appel
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